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vendredi 5 juin 2009

Vargas...suite


Deux nouveaux Vargas : "Sans feu ni lieu" et "Ceux qui vont mourir te saluent"

Le premier...Présentation de l'éditeur : Tout semble accuser Clément Vauquer, un accordéoniste simplet mais ni fou, ni cruel, du meurtre de deux femmes. Recherché par la police, Clément se terre chez la vielle Marthe. Mais cela ne peut durer, il faut découvrir l’assassin. Louis Kehlweiler, dit l’Allemand, et ses trois assistants, Marc, Lucien et Mathias, héros de "Debout les morts" et de "Un peu plus loin sur la droite", mènent l’enquête, décidés à innocenter Clément

Un vrai roman avec des personnages bien campés..pas encore Adamsberg mais le trio réjouissant des Évangélistes, l'Allemand et son crapaud Bufo forment une équipe cocasse ...avec une énigme à base de poésie, meurtres sordides et machination sophistiquée
Un peu lent à démarrer...pas grave, on prend son temps, l'atmosphère s'installe, des questions restent longtemps en suspens ...on suit pas à pas une enquête très psychologique
Intéressante description des personnages pittoresques et attachants...comme Marthe, une ancienne prostituée ; et puis, on retrouve Paris...
J'ai bien aimé Clément Vauquier, simplet ou génial..diablement énigmatique, personnage central autour duquel s'articule toute l'histoire...doit-on se fier aux apparences..tout l'accuse...en remontant le temps et l'espace, les pièces vont s'assembler doucement, le mystère se lèvera..
un bon moment de lecture..

Le second ...Présentation de l'éditeur : A priori, tous les dessins de Michel-Ange ont été répertoriés. Et lorsque l'un d'eux fait une apparition sur le marché, il y a tout lieu de supposer qu'il a été volé. Le plus incroyable, c'est que celui qui est proposé à Henri Valhubert, célèbre expert parisien, provient probablement du Vatican ! Qui se risquerait à subtiliser les trésors des, archives papales ? L'affaire se complique lorsque Valhubert est assassiné, un soir de fête, devant le palais Farnèse. Instantanément, les soupçons se portent sur le fils de la victime. Ce dernier fait partie d'un curieux triumvirat d'étudiants, aux surnoms d'empereurs : Claude, Néron et Tibère. En résidence à Rome depuis plusieurs années, tous trois entretiennent des liens singuliers avec la veuve de Valhubert. Une femme au charme envoûtant...
Un peu déçue..Je n'ai pas été vraiment envoûtée par ce roman... les héros sont pédants et pas très attachants
Valence, qui mène l'enquête ne m'a pas convaincu , l'histoire est trop riche, pas assez développée
on n'y croit pas...le trio des étudiants n'arrive pas à la cheville des Evangélistes !!
en lisant...ça m'a fait penser au Da Vinci Code...
Les personnages sont trop caricaturaux, on reste à l'extérieur de histoire...on se croirait au théâtre..chacun joue un rôle
dommage..et puis ça ne se passe pas à Paris ...alors..

vendredi 13 mars 2009

L'empreinte du renard

Défi "Littérature policière sur les 5 continents"
Catherine du blog de La culture se partage a lancé l'idée de ce défi et y a consacré un blog spécial (un sacré travail :-)) où vous pourrez retrouver toutes les lectures de polar..
C'est l'occasion pour moi de découvrir ce genre littéraire tout en voyageant de par le monde comme j'aime.
Je commence mon périple par l'Afrique de l'Ouest, le Mali, en pays Dogon.........



L'empreinte du renard
meurtres en pays Dogon
Moussa Konaté

C'est le troisième volet des enquêtes du commissaire Habib, un peu un Maigret africain...beaucoup de flair, de psychologie et de philosophie
Présentation de l'éditeur : Au cœur du pays dogon, une série de morts bizarres alerte les autorités maliennes. L'affaire est délicate: les Dogons, très attachés à leurs traditions, vivent en marge de la société et sont redoutés pour la puissance de leur magie. Le vieux commissaire Habib, à la sagesse et au flair légendaires, est envoyé sur place. Mais le village entier se tait obstinément, et un étrange sorcier à tête de renard veille au respect absolu de l'omerta...

L'intrigue commence chez les Dogons.......d'emblée, le ton est donné : amour, trahison, mort, honneur....on est plongé au coeur de l'Afrique des traditions ; tout est consommé, le mystère s'installe..
Puis, changement de décor : Bamako, pas très loin du pays dogon et en même temps à des années lumières de cet univers inchangé depuis des siècles, Bamako, c'est la modernité, les voitures, les embouteillages, des policiers avec leurs petits tracas d'hommes modernes .Ici, l'affaire arrive comme étouffée dans les bureaux du ministère......y a-t-il vraiment eu crime, pourquoi, comment ? on ne nous dit pas tout..
Dès cet instant, les personnalités du commissaire Habib et du jeune inspecteur Sosso commencent à se dessiner : un Maigret africain avec un associé jeune et fougueux; chargés de l'enquête, ils partent au pays Dogon..
Retour dans l'ambiance de Magie de l'Afrique profonde avec sorciers et croyances, malédictions et tabous..le personnage énigmatique et inquiétant du "chat" et les fameuses empreintes du renard entrent en scène.
L'irrationnel règne en maître. Pour comprendre les Dogons, Il faut se mettre à penser "dogon"; ce sera là la force de Habib qui comprend que les gens de la falaise n'obéissent pas aux mêmes lois que les autres hommes; c'est la coutume et les ancêtres qui décident; alors, peu à peu la solution se fait jour conforme à la philosophie du récit.
J'ai aimé cette belle fable, les joutes verbales entre Habib et les anciens, son respect des coutumes et son désir de légalité, la tradition contre les lois, les anciens contre les modernes
Le roman permet aussi d'entrevoir un pan des mystères dogons avec la présence du Hogon, de la Togouna et du renard (cher à Marcel Griaule) dont les empreintes prédisent l'avenir...un polar avec un zeste d'ethnographie et une pincée de modernité.
L'écriture est limpide et agréable. C'est vrai que l'enquête démarre doucement mais elle nous emporte alors complètement.. on connaîtra quelques moments de peur, l'intrigue est bien développée.
J'ai aussi apprécié la description de la personnalité du commissaire Habib et la fougue brouillonne de son jeune adjoint Sosso. On rit parfois à ses dépens.
La fin est à l'image de cette enquête, inattendue et pleine de leçons et d'interrogations sur les contradictions d'un continent fascinant...