
dimanche 9 août 2009
Les Arpenteurs du monde

mercredi 22 avril 2009
La danse de Matt
Un jeune globe-trotter . Je suis tombée sur sa vidéo de 2008 et me suis dis qu'elle valait bien la peine d'être mise en ligne(en fait, j'ai piqué l'idée à ma fille :-)) ...Matt est né dans le Connecticut. Dès son plus jeune âge il a une passion pour les jeux vidéos et décide d'en faire son métier.
Succès fulgurant puisqu'en 2003 à 32 ans il quitte son job à Brisbane pour faire le tour du monde. Il crée un blog pour donner des nouvelles à sa famille et ses amis et c'est de là que naquit sa fameuse danse et la vidéo qui suit.
Je compte faire bientôt la même chose (en plus zen) avec un livre dans chaque main ; je cherche un compositeur pour la musique, j'en veux une aussi chouette que la sienne :-D
mardi 21 avril 2009
L'étrangère aux yeux bleus
Je vous envoie une carte postale du pays des Tchoukches, cousins des Inuit, qui vivent au nord de la Sibérie près du détroit de Bering (ils ne sont plus que 10.000)
L'étrangère aux yeux bleus de Youri Rytkhéou
Présentation de l'éditeur : Une jeune ethnographe russe débarque en 1947 à Ouelen, petit village au bord du détroit de Béring, dans le but de nomadiser dans la toundra avec une tribu tchouktche d'éleveurs de rennes. Séduite et fascinée par un jeune Tchouktche rencontré dès son arrivée, elle l'épouse et part vivre avec lui au sein de sa tribu... Roman d'amour pour un peuple à jamais perdu, destin fascinant d'une scientifique rattrapée par sa passion, constat lucide et sans concession des absurdités de l'histoire, ce livre d'un écrivain tchouktche aux prises avec sa mémoire est un véritable plaidoyer spirituel pour les derniers chamanistes.
Un magnifique roman d'amour sur fond de toundra sibérienne, de neige et de rennes immaculés. Anna Odintsova tombe amoureuse de son "sujet d'étude" Tanat un bel éleveur de rennes qui a pour un temps quitter les siens pour faire des études..elle l'épouse et ira jusqu'à le suivre sous la yaranga vivre en nomade avec son peuple, elle devient une véritable Tchaoutchouvanaou malgré les critiques et les incompréhensions dans les rigueurs d'un climat inhumain ; mais quand on aime....Elle acceptera même que selon la coutume Tanat ait une seconde femme Katia.
Avant tout ce roman est l'histoire d' une passion amoureuse pour un homme mais surtout pour un peuple et ses traditions. C'est aussi une belle illustration de la folie des hommes et du système politique qui perdure encore aujourd'hui : sédentariser les nomades pour leur faire oublier un mode de vie "arriéré"(??) et autres aberrations du Stalinisme...Drames et moments de bonheur se succèdent dans le roman avec une description vivante et passionnante du mode de vie extrêmement riche et inventif des Tchouchkes; beaucoup de sentiments, d'amour de la nature et des rennes dont tout dépend...une découverte jamais longue ou fastidieuse mais une véritable intrigue avec des rebondissements qui rend ce roman ethnographique palpitant et touchant. Il nous introduit dans le monde oublié, celui des chaman incarné par Rinto, le père de Tanat gardien d'un univers fantastique et bientôt disparu . On vibre, on compatit , on se révolte avec les héros ...cette étrangère vous emportera dans ses élans passionnés. A noter la belle traduction d'Yves Gauthier avec en plus une réflexion intéressante sur les mariages mixtes (cultures différentes) Un livre lumineux
merci à sophie pour ce voyage
mardi 17 mars 2009
Eloge de l'énergie vagabonde

Eloge de l'énergie vagabonde
L'être humain recèle un gisement d'énergie inépuisable...
Sylvain Tesson
Présentation de l'éditeur :" J'irai de l'Aral à la Caspienne. Je gagnerai l'Azerbaïdjan à bord d'un ferry. De Bakou, je cheminerai vers la Turquie par la Géorgie. A pied, à vélo, loyalement, sans propulsion motorisée. Au bout de ma route, j'aurai relié trois mers, abattant le même trajet que celui d'une larme d'or noir de la haute Asie convoyée à travers steppes et monts pour que le monde poursuive sa marche . Profitant de cette traversée de terres à haute valeur pétrolifère, je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie. Pétrole et force vitale procèdent du même principe : l'être humain recèle un gisement d'énergie que des forages propices peuvent faire jaillir. " Sylvain Tesson
C'est un peu Tintin au pays de l'or noir au plutôt au Pipelinistan...l'auteur "obsédé par les tubes" chevauchera le dos du dragon ...by fair means..en vélo ou à pied dans la chaleur et parfois sous la dent des chiens.. . Des oléoducs comme invitation au voyage, prétexte pour nous livrer ses impressions sur l'énergie, la geo-politique, les relations humaines, le devenir de l'humanité...car solitude et pérégrinations sont propices à l'énergie cérébrale..
Toujours chez lui une attirance pour les steppes...il devait être nomade dans une autre vie; les grands espaces, le silence, l'infini le guident...très beaux passages sur sa traversée brûlante de l'Oustiourt ou des steppes kazakhes..en fait peu importe le paysage c'est le nom qu'il veut traverser..tout récit de voyage devrait s'appeler" la traversée des toponymes"......qui n'a pas rêvé aux noms des lieux avant de s'y rendre tels Samarkand, Tombouctou ou Valparaison.. Tesson met ses pas dans ceux des Scythes et des Sarmates tous ces bouffeurs d'espace ivres de conquêtes et d'infini .. la steppe lieu de liberté sauvage "tapis de mes prières, manteau de mes nuits" pour lui le seul endroit où on peut se passer de lecture..
Aujourd'hui la course énergétique a remplacé la conquête géographique, l'or noir enfièvre davantage que les taches blanches..alors de l'Aral sacrifiée à la Caspienne,il suit le pipe invisible à travers l'asie centrale en observant les bouleversements apportés ....mais certaines choses restent immuables.
Aux passages historiques et dogmatiques sur l'énergie avec moultes références(Aristote, Bergson..) j'ai préféré ses jolis aphorismes sur la fureur de vivre ou l'habitude qui nous englue dans la paresse.
..mais surtout dans ce récit, éclate à chaque détour de chapitre son amour des chevaux, des forêts,de la nature, des terres brûlées , de la solitude aussi..il ne cherche pas les rencontres même s'il en fait parfois d' intéressantes.
Des réflexions très pertinentes sur l'écologie, l'avenir de la terre...c'est en géographe qu'il s'exprime en stigmatisant les écolos. Tesson préconise un changement complet de mentalité ; son idéal, les coureurs de steppe tel Dersou Ouzala..qui ne laisse aucune trace sur la terre J'ai noté aussi une source d'énergie fantastique ..la vodka et le vin géorgien qui lui permettent (à certaines rares occasions :-)) d'abattre 100 kms par jour avec son vélo !!!,
une mention particulière pour la dénonciation sans concession de la condition féminine dans les pays musulmans,véritable asservissement qu' Ella Maillart avait fustigée en son temps..pas tendre avec l'islam..et là, le pipe ne peut rien pour elles..
Sous le signe de l'énergie, ce livre est une belle expérience à partager avec lui...plus qu'un récit de voyage, une réflexion sur notre avenir énergétique et notre philosophie de l'existence.
mardi 3 mars 2009
CAP HORN

Cap Horn
Rencontre avec les Indiens Yahgan
La France accomplit sa mission au Cap Horn. Le 17 juillet 1882, la Romanche commandée par le commandant Louis-Ferdinand Martial quitte Cherbourg. Le 6 septembre, elle jette l'ancre dans la baie d'Orange. Elle passera sept semaines dans le Sud de la Terre de Feu, une région sauvage encore méconnue. Les hommes constituent deux équipes : l’une restera à terre pour des des études astronomiques, météorologiques, botaniques et zoologiques. L’autre longera les côtes pour des observations hydrographiques et cartographiques."Alors que la mission scientifique débute, les opérations menées intriguent les autochtones, les Indiens yahgan. Mus par leur curiosité, ceux-ci surmontent leur timidité et se rendent dans le campement français ou sur la Romanche. Par de menus cadeaux comme des biscuits ou des vêtements, les Français commencent à tisser des liens avec les indigènes. Ils n’ont pas reçu l’ordre d’effectuer des études ethnographiques et anthropologiques ; celles-ci vont pourtant s’imposer à eux ! Initialement réservés aux loisirs, les appareils photographiques
vont se révéler de précieux instruments pour l’étude de cette ethnie.À terre, deux hommes se consacrent à l’observation des Indiens : le lieutenant Payen et le Médecin de marine Paul Daniel Hyades. Dans un studio improvisé, ils organisent de longues séances photographiques, accompagnées de mesures anthropométriques et complétées par des moulages corporels. Doux et conciliants, les Indiens se plient volontiers(...)à la pose photographique.
En mer, le lieutenant de vaisseau Doze se livre à des photographies plus spontanées, nées du hasard des rencontres. Le bateau sert de cadre à certains portraits : derrière les sujets yahgan, le bastingage, les bâches, cordes et cheminées matérialisent le choc de deux cultures. Lors des escales sur les îles, les Indiens sont photographiés dans leur cadre naturel, dans la forêt ou devant leur hutte. Ils ne sont plus traités comme des spécimens placés dans un milieu qui leur est étranger ; l’homme occidental s’efface devant le spectacle mystérieux d’une civilisation
primitive et harmonieuse.Trois cent vingt-trois négatifs sur plaques de verre seront ainsi rapportés en France, ainsi que des centaines de pièces anthropologiques. Déjà exceptionnelle, cette collection constituera bientôt un témoignage unique. Le Docteur Hyades a par exemple été appelé à Ushuaia pour soigner des indiens victimes d’une épidémie alors que ce site n’était encore qu’une mission, où notamment le pasteur Thomas Bridges s’employait à civiliser et catéchiser les tribus alentours.
Ses observations précieuses font toujours autorité pour comprendre et connaître non seulement leur environnement naturel mais aussi leur mode vie et coutumes pour des peuples qui étaient déjà alors voués à disparaitre.
Peu après leur départ, une épidémie de tuberculose décime en effet cette population menacée. Aujourd’hui, les propos du Docteur Hyades prennent l’accent d’une terrible prophétie : « Les Fuégiens sont parmi les peuples dont la disparition totale de la surface de la terre n’est qu’une question de quelques années ; ils ne sont plus que trois cents ou quatre cents à l’heure qu’il est."
dimanche 1 mars 2009
L'Africain
L'Africain de J.M.G. Le Clézio« J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre. »
On est tout de suite envoûté par le livre. D'abord, il y a la langue limpide et claire, des mots choisis, ciselés, chacun plein de sens et de mystère ; pas de grandiloquence, de mots crus ou de phrases compliquées ; un fleuve de mots qui se succèdent , qui roulent et palpitent au rythme de l'Afrique. Des mots évocateurs, qui suggèrent les corps, les forêts, la violence du ciel, l'indolence des plaines écrasées de chaleur.Et puis il y a le récit, poignant, la blessure jamais cicatrisée d'une enfance perdue et de cette Afrique brûlante et sauvage (loin du colonialisme) qu'il n'oubliera pas.
l'Afrique ce ne sont pas des visages mais des corps, c'est, au milieu des scorpions et des serpents, la liberté totale et dangereuse pour un petit garçon de 8 ans qui n'a connu que la vie en appartement dans un Occident policé.
C'est aussi la sauvagerie de la nature, orages, fourmis, forêts profondes, nuits pleines de bruits et de craquements....moiteur....tout un monde primitif, pas celui des colons mais celui des griots et des sorciers , des montagnes du Mbam et des pays Mbembé, Kaka, Shanti. "tout cela non comme un paradis mais un trésor d'humanité, quelque chose de puissant et généreux, tel un sang pulsé dans de jeunes artères."
c'est aussi le récit d'un paradis perdu, celui de l'enfance , du père si présent et si lointain, si adoré et si haï, si héroïque et si misérable.........une complicité à jamais perdue à cause de la guerre, de l'éloignement ...quand il le retrouve, il a déjà 8 ans , le changement est radical, trop brutal ; à la douceur d'une éducation presque exclusivement féminine, succède la discipline virile et la brutalité d'un père déjà meurtri , c'est l'incompréhension ;Avec le temps, bien plus tard viendra l'admiration et la découverte de la vie extraordinaire qu'ont eu ses parents "dans ces régions aux horizons lointains , au ciel plus vaste, aux étendues à perte de vue"
J'ai beaucoup aimé l'intensité de l'émotion qui se dégage de ce roman malgré une grande retenue, elle rend palpable les lieux et les sentiments , on sent pulser la liberté, la sensualité... L'Afrique est sa vraie mère ; il a été conçu là-bas dans les amours de ses parents parcourant à cheval dans la moiteur des forêts ou les éclaboussures des fleuves, un continent encore vierge à l'ouest du Cameroun..
c'est un roman de mémoire, mémoire du temps, mémoire des instants de bonheur à l'image d'une vieille photo prise par son père avec son Leica à soufflet représentant "Les hauts plateaux où avancent lentement le troupeau de bêtes à cornes de lune à accrocher les nuages, entre Lassim et Ngonzin."C'est l'image que j'en garderai..celle qui permet de ressusciter le paradis perdu de l'enfance et de l'Afrique originelle.
un autre regard sur ce livre : Keisha, Sylire Lapinoursinette
vendredi 27 février 2009
POUR LES FOUS DE PATAGONIE...
et des confins...jeudi 26 février 2009
mardi 10 février 2009
JE HAIS LES VOYAGES....MAIS NON...
-Voyager aujourd'hui n'est plus un privilège ou un acte héroïque.
-Quant au voyageur qui lui avouait partir pour se changer les idées, Jules Renard répliquait mielleusement : "lesquelles?"
-Il y a mille ans on frétillait au retour de chevalier. Maintenant on débranche son téléphone.
J'arrête là les citations, elles sont toutes géniales..
Suit un florilège de conseils pour pouvoir exploiter au mieux son voyage lors du retour....dénigrez les touristes, clamez votre soif de l'autre, précisez que vous voyagez comme les locaux, ne négligez pas l'exploit sportif, constellez votre propos d'images littéraires, imposez aux invités votre carnet de voyage "multi-expression"...etc, etc.. c'est à mourir de rire...jusqu'au moment ou on se reconnaît un peu là dedans !! Alors on rit moins, forcément
ZUT mais dis donc, c 'est un peu nous ça non ???????????????
Bon, passons à autre chose.










