mercredi 22 avril 2009

La danse de Matt

Qui est Matt ?

Un jeune globe-trotter . Je suis tombée sur sa vidéo de 2008 et me suis dis qu'elle valait bien la peine d'être mise en ligne(en fait, j'ai piqué l'idée à ma fille :-)) ...Matt est né dans le Connecticut. Dès son plus jeune âge il a une passion pour les jeux vidéos et décide d'en faire son métier.

Succès fulgurant puisqu'en 2003 à 32 ans il quitte son job à Brisbane pour faire le tour du monde. Il crée un blog pour donner des nouvelles à sa famille et ses amis et c'est de là que naquit sa fameuse danse et la vidéo qui suit.
Je compte faire bientôt la même chose (en plus zen) avec un livre dans chaque main ; je cherche un compositeur pour la musique, j'en veux une aussi chouette que la sienne :-D


Un bon jour pour mourir

C'est la folie "Harrison"...j'ai tellement aimé "Une odyssée américaine" que j'ai joué les prolongations avec "Un bon jour pour mourir"
Présentation de l'éditeur : La merveilleuse histoire d'une virée fantastique à travers l'Amérique des années 60 ! Un trio inoubliable, très Jules et Jim, prend la route, entre un joint, deux cuites et trois parties fines, pour s'en aller faire sauter un barrage du côté du Grand Canyon du Colorado. Selon Michel Lebrun, si ç'avait été un polar, ç'aurait été le meilleur de l'année. En tout cas, on n'oubliera pas de sitôt les aventures savoureuses et les portraits tendres de ces trois héros que Jim Harrison dépeint dans le style flamboyant qui est sa marque.

Une virée à travers l'Amérique, de la Floride au Montana. Sexe, alcool, drogue et grands espaces. C'est fabuleux et magique. Désespéré par moment, le triangle amoureux va se perdre dans les méandres de la Clearwater River, au détour d'une partie de pêche et entre deux cuites. Un grand moment de nature.
C'est sûr, c'est un thème éculé : road movie (ça j'adore) à travers les States de trois paumés , révoltés ou rêveurs (au choix)....en tout cas marginaux sympas avec toujours ce petit "plus" propre à Harisson : tendresse pour ses personnages, parties de pêche rédemptrices (seule la nature peut apporter paix et purification) et puis existence d'une certaine morale naturelle et spontanée qui fait qu'on s'attache aux personnages les plus "border line"...avec un portrait réjouissant et sans concession de la société américaine des années 60 ...ah..les motels sordides ou les p'tits dèj "brouillard du matin" avec café froid et donuts...on a vraiment envie d'y être !
L'auteur sait admirablement planter un décor, une ambiance, des atmosphères glauques ou bucoliques.
Je suis en train de relire "Les clochards célestes" de Kerouac...impression toute différente sur un thème semblable ; spontanéité et mysticisme chez Kerouac (écriture et dérive des personnages) je trouve Harrison plus réaliste, mais aussi plus cru et complaisant dans ses descriptions un peu "hot" parfois.. .avec toujours un hommage appuyé rendu aux Indiens. Bref les mêmes ingrédients mais plus de désespoir que chez Kerouac.. j'ai aimé...mais préféré "l'odyssée américaine" plus aboutie, plus lyrique et plus poétique.

le prochain roman du même auteur "La femme aux lucioles"

mardi 21 avril 2009

L'étrangère aux yeux bleus




Dans le cadre du Challenge" Lire autour du monde" organisé par enna
Je vous envoie une carte postale du pays des Tchoukches, cousins des Inuit, qui vivent au nord de la Sibérie près du détroit de Bering (ils ne sont plus que 10.000)

L'étrangère aux yeux bleus de Youri Rytkhéou

Présentation de l'éditeur : Une jeune ethnographe russe débarque en 1947 à Ouelen, petit village au bord du détroit de Béring, dans le but de nomadiser dans la toundra avec une tribu tchouktche d'éleveurs de rennes. Séduite et fascinée par un jeune Tchouktche rencontré dès son arrivée, elle l'épouse et part vivre avec lui au sein de sa tribu... Roman d'amour pour un peuple à jamais perdu, destin fascinant d'une scientifique rattrapée par sa passion, constat lucide et sans concession des absurdités de l'histoire, ce livre d'un écrivain tchouktche aux prises avec sa mémoire est un véritable plaidoyer spirituel pour les derniers chamanistes.

Un magnifique roman d'amour sur fond de toundra sibérienne, de neige et de rennes immaculés. Anna Odintsova tombe amoureuse de son "sujet d'étude" Tanat un bel éleveur de rennes qui a pour un temps quitter les siens pour faire des études..elle l'épouse et ira jusqu'à le suivre sous la yaranga vivre en nomade avec son peuple, elle devient une véritable Tchaoutchouvanaou malgré les critiques et les incompréhensions dans les rigueurs d'un climat inhumain ; mais quand on aime....Elle acceptera même que selon la coutume Tanat ait une seconde femme Katia.

Avant tout ce roman est l'histoire d' une passion amoureuse pour un homme mais surtout pour un peuple et ses traditions. C'est aussi une belle illustration de la folie des hommes et du système politique qui perdure encore aujourd'hui : sédentariser les nomades pour leur faire oublier un mode de vie "arriéré"(??) et autres aberrations du Stalinisme...Drames et moments de bonheur se succèdent dans le roman avec une description vivante et passionnante du mode de vie extrêmement riche et inventif des Tchouchkes; beaucoup de sentiments, d'amour de la nature et des rennes dont tout dépend...une découverte jamais longue ou fastidieuse mais une véritable intrigue avec des rebondissements qui rend ce roman ethnographique palpitant et touchant. Il nous introduit dans le monde oublié, celui des chaman incarné par Rinto, le père de Tanat gardien d'un univers fantastique et bientôt disparu . On vibre, on compatit , on se révolte avec les héros ...cette étrangère vous emportera dans ses élans passionnés. A noter la belle traduction d'Yves Gauthier avec en plus une réflexion intéressante sur les mariages mixtes (cultures différentes) Un livre lumineux


merci à sophie pour ce voyage

mardi 14 avril 2009

La rédac du mois

Comme tous les mois, un même sujet sur lequel planche plein de monde...





le sujet : Avez vous un petit côté rebelle ? Si oui comment l'exprimez-vous?





REBELLE





Definition du dictionnaire :
Sens 1
Qui refuse de se soumettre à l'autorité.
Sens 2
Qui résiste à un traitement. Ex : Une mèche rebelle
un rebelle (nom)
Sens 1
Personne qui se révolte, qui refuse de se soumettre à une autorité.

Oui, j'avoue monsieur le président :

Je suis rebelle à toute autorité ("Mort aux vaches") désobéissante dès mon plus jeune âge (désespoir de mes parents), dissidente quant aux diktats de la mode, factieuse limite révolutionnaire face au pouvoir politique (toutes tendances confondues ; j'aurais aimé vivre en 1789) , frondeuse dans l'âme (vive l'anarchie), indisciplinée chronique (surtout ne pas faire comme les autres), insoumise de première classe, insubordonnée (pour une ancienne instit, un combat de tous les jours, j'ai formé dès la maternelle des générations de contestataires) , insurgée contre toutes ces filles belles et maigres à qui je n'ai pas envie de ressembler...de toutes façons c'est trop tard, tant mieux, en vieillissant on s'accepte drôlement mieux, insurrectionnelle (j'ai vécu 1968 moi monsieur...), mutine tendance Mylène Farmer, récalcitrante aux vacances en groupe, réfractaire à la télé réalité, résistante au jeunisme ambiant (c'est normal je vieillis), rétive au tofu (c'est vraiment dégoûtant), révoltée du Bounty (je préfère les Mars)
Par contre pas de problèmes pour me coiffer, mes cheveux se mettent bien
Voilà ce que je suis en ce jour de rédaction et uniquement aujourd'hui à midi
En fait je suis une mamie tranquille dans mon coin : je vote, je ne mettais pas l'IEN à la porte le jour de l'inspection, j'ai suivi moult régimes pour essayer de rentrer dans du 38, je suis partie une fois en vacances au Club Med (et c'était plutôt sympa), je souris aux gendarmes à moto quand je les croise sur la route (en plus l'uniforme est très flatteur) et quand je ne trouve plus "Libé" chez mon libraire, il m'arrive d'acheter le Figaro, je n'ai jamais voulu étrangler mon banquier qu'en rêve...mais attention, je suis une fidèle de Charlie Hebdo et descends parfois dans la rue avec une pancarte écrite de ma propre main en scandant des slogans subversifs : "Tous ensemble, Tous ensemble " "Nicolas, t'es foutu, les r'traités sont dans la rue"
Plus sérieusement l'an prochain, j'achète une moto, déshérite mes enfants, change de mari (non,non je le garde, on est un authentique couple rebelle...35 ans que ça dure pfffffffff c'est dingue), cultive autre chose que du persil dans mon jardin, me teins les cheveux en rose et en route pour la 66 Chicago-San Francisco........on n'a qu'une vie alors autant faire ce qu'on veut quand on veut....born to be wiiiiiiiiiild

Et comme disait l'autre "Si la chaussure ne nous va pas, devons-nous couper le pied ?"....je vous laisse méditer là-dessus ; sur ce, je ne vous salue pas et ne vous souhaite pas une bonne journée, je suis contre la politesse et l'hypocrisie sociale, non mais :-(

Vous trouverez d'autres rebelles à ces adresses :


vendredi 3 avril 2009

On the road again




De retour pour Pâques ...
comme les cloches :-D

jeudi 2 avril 2009

L'implacable brutalité du réveil

Et de deux...on reste aux Etats Unis
après le souffle de l'odyssée un roman poignant et intimiste
L'implacable brutalité du réveil
Pascale Kramer

Présentation de l'éditeur : Alissa et Richard, jeunes parents d'un bébé de 5 semaines prénommée Una viennent d'emménager dans un nouvel appartement, dans un de ces immeubles californiens typiques avec piscine. C'est l'été : la chaleur est étouffante, les climatiseurs tournent à plein régime. Il faut nourrir le bébé, le changer, le coucher. Alissa, à peine remise de l'accouchement, ressent une immense lassitude : ce petit être complètement dépendant d'elle l'émeut, la trouble beaucoup et l'épuise en même temps. Elle a l'impression de se diluer dans l'espace. Peu à peu, elle perd pied inexorablement, malgré la bonne volonté de Richard. Et puis, c'est aussi le moment que choisissent ses parents pour divorcer : les derniers repères d'Alissa volent en éclats.
C'est l'histoire et l'analyse d'une dépression presque heure par heure. Alissa a (comme on dit souvent) tout pour être heureuse : son mari est charmant, elle est belle et vient de mettre au monde une adorable petite fille. C'est une enfant unique qui a toujours été gâtée par ses parents et adulée par son entourage. Son moteur dans la vie, c'est de faire envie, de se sentir regarder avec dans la tête un schéma du bonheur : mariage-bébé-bel appartement avec piscine. Elle a tout ça mais la naissance d'Una change la donne...elle regarde sa fille comme une "chose" lointaine qui fait peur..analyse clinique et précise de la dépression du post partum..personne ne la comprend, tous veulent l'aider mais ne savent pas de quoi elle souffre, Alissa n'arrive pas à mettre des mots sur ce qui lui arrive. Au même moment, ses parents divorcent et vendent la maison de son enfance...Elle n'est plus le centre de leurs préoccupations ; elle se noie, prend la fuite, songe à avoir un amant...toutes ses certitudes s'envolent. On a beaucoup d'empathie pour le personnage , physiquement on ressent son désespoir. Pourtant la vie de ses amis continue avec des vrais drames...là encore, Alissa ne compatit pas, ne veut pas se coltiner avec la réalité qui lui " saute" à la figure. Elle a trop vécu dans l'illusion .
Par petites touches nettes et précises, à la manière des peintres hyperréalistes américains, l'auteur brosse un tableau très juste de la dépression vécue de l'intérieur comme un enfermement de l'âme qui rend insensible à l'amour et à l'amitié : Alissa s'en sortira en ayant frôlé le pire...du moins on l'espère, on en sent les prémices...et toujours la présence un peu obsédante de la piscine comme un symbole de luxe ..ou le miroir aux alouettes de la réussite sociale. Un beau roman triste.

Une odyssée américaine


De ma balade, j'ai ramené des livres..
et j'en ai déjà dévoré deux..
Une odyssée américaine
Jim Harrison

présentation de l'éditeur : Cliff, 60 ans, est à un tournant de sa vie, sa femme l'a plaqué, son chien bien-aimé n'est plus et sa ferme a été vendue. Armé d'un vieux puzzle coloré des États-Unis, il prend la route. Il est bientôt rejoint par Marybelle, une ancienne étudiante. Il renomme les États en leur donnant des noms de tribus indiennes, redéfinissant ainsi le visage de l'Amérique. Quête identitaire, retour aux sources, le voyage de Cliff est ponctué de rencontres extravagantes et cocasses.

Voilà un road movie à la "Kerouac", certes un Kerouac vieillissant et plutôt sage mais une traversée des States dans une vieille Ford Taunus porte forcément à l'introspection.
C'est surtout une magnifique description des territoires infinis de l'Amérique sauvage. De parties de pêche en "gentilles" beuveries défilent des cartes postales géantes style "panoramique" de couchers de soleil et d'orages mordorés. Célébration des joies de la "bonne bouffe" des femmes, d'un vin capiteux...plaisirs simples de la vie
J'ai été ravie et étonnée par l'extrême sensibilité de ce géant de 60 ans, ancien professeur de littérature reconverti en fermier qui pleure à la vue d'un petit oiseau ou d'un taureau Angus . Peut-on refaire sa vie à 60 ans ? Voilà La Question essentielle qu'il se pose durant ce voyage initiatique en compagnie d'une galerie de personnages vraiment drôles :un fils gay, une ancienne étudiante très délurée,son ex femme teigneuse, un médecin farfelu et alcoolique et ce fichu téléphone portable comme un fil à la patte qu'il finira par jeter dans les toilettes.
Et puis, il y a cette phrase formidable qui résume tout le livre " Elle (ma mère) aimait aussi écrire que mon père décédé aurait voulu que je réussisse, alors que lui n'avait jamais parlé de ce genre de chose, sinon pour dire que les gens qui réussissent n'avaient pas une minute à consacrer aux activités essentielles de la vie, telles que la chasse, la pêche, la gnôle et les balades dans les bois" ... une belle philosophie à laquelle j'adhère (presque) totalement (..à par la chasse et la gnôle)
Sa nouvelle tache qui est de renommer les états américains en hommage aux Indiens et aussi tous les oiseaux de l'union est d'une fantastique inutilité et lui redonnera l'envie de changer de vie loin d'une Amérique bien pensante et de la religion du profit.
Bien sûr, Cliff est toujours taraudé par des inquiétudes et des doutes..il veut se prouver qu'il peut encore "comme avant" faire l'amour, l'ascension d'une montagne ou trop boire... beaucoup d'émotion et d'humour tout au long de ce périple décrit dans une langue limpide et tellement suggestive
Une belle leçon de vie, à déguster en ce début de printemps où on a envie de renouer avec la nature..Un roman d'une grande humanité
A la fin du voyage, Cliff a rassemblé ses souvenirs ; la nostalgie est toujours là, mais apprivoisée...Début de la sagesse ou fin des illusions ?
Une superbe odyssée.