
jeudi 26 mars 2009
mercredi 25 mars 2009
Coups de coeur musique

C'est vrai, je n'aime pas trop et je ne connais pas le jazz mais on écoute dans ce double CD une belle selection d'airs connus, entendus et retenus sans même s'en apercevoir.. Glenn Miller, Django Reinhardt, Errol Garner, Billie Holiday, Amstrong, Grappelli.. des morceaux de légende qui distillent une ambiance feutrée ...avec les dessins de Sempé en prime. Pour les passionnés l'expo "Un siècle de jazz" (aux origines de ses racines africaines) au Musée du Quai Branly jusqu'au 28 juin
Deuxième coup de coeur...Changement de registre avec le tandem Tardi - Dominique Grange
un hommage aux mouvements populaires, quand l'action vive submerge l'ordre établi... Les dessins percutants de Tardi au service des paroles intenses de Dominique Grange qui constituent une véritable mémoire collective des luttes et des espérances sociales.
ici on peut écouter Dominique Grange raconter son parcours et ses idées
Découvrez Duke Ellington & John Coltrane!
Un retour
Alberto Manguel
Ce petit roman (80p.) kafkaïen explore les années sombres de l'histoire argentine.
Débute une plongée vertigineuse et sournoise dans ses souvenirs. Le passé resurgit peu à peu par un enchaînement de "hasards" qui n'en sont pas...mais qui constituent des signes de sa (soi-disant ?)culpabilité.
Il visite alors le Buenos Aires de sa jeunesse avec des spectres, des lieux éteints, ses anciens amis comme absents et vidés de toute substance.
Fabris, résigné et comme lobotomisé intègre cet enfer... ce voyage est un rêve ou une réalité?
lundi 23 mars 2009
SWAPOMANIA


Devinette : mon premier s'applique aux confins, mon second est orange et bleu, mon troisième se situe à Paris......... je suis... le SWAP ou plutôt trois swaps auxquels je vais participer dans les deux mois à venir...un vrai plaisir de faire plaisir, de recevoir des surprises, d'élargir ses connaissances...toujours des découvertes et les thèmes sont vraiment sympas
1. Le swap aux confins, coorganisé avec Bookomaton

3....Il reste encore des places pour celui de Loula qui est consacré à Paris...inscriptions jusqu'au 31 mars.
A suivre..
Passagère du silence
Passagère du silence
Fabienne Verdier
Je vous invite ici à un dépaysement total...à cause des lieux bien sûr mais aussi par l'ambiance du livre, plein de spiritualité, véritablement habité par l'esprit et la sensibilité de l'auteur....c'est aussi un voyage aux sources d'une vocation, à la découverte d' une grande exploratrice dotée d'une volonté inflexible, à l'image des aventurières du siècle dernier telle Alexandra David Neel ou Ella Maillart. Alors direction la Chine, la Chine mystérieuse... celle des ethnies lointaines et des campagnes moyen-âgeuses mais aussi celle des années 80, la Chine terrible de la révolution culturelle qui a laminé toute trace du passé, les oeuvres et aussi les hommes . Tout est aux mains du parti communiste. C'est dans ce contexte que l'auteur, après des études aux Beaux Arts de Toulouse, débarque au fin de fond du Sichuan pour s'initier à l'art ancestral de la calligraphie. Elle a 20 ans, seule étudiante occidentale dans ce monde clos . Pendant 10 ans, elle restera là bas pour approfondir son art malgrè la maladie, l'hostilité du parti, la promiscuité, le manque d'hygiène et de nourriture. Car elle vit à la chinoise, subit épreuve physique et morale comme un rite de passage. J'ai aimé sa patience,son abnégation, mais aussi sa joie de découvrir et de se faire accepter par ces quelques grands maîtres épargnés par la révolution mais méprisés et marginalisés qui vont l’initier aux secrets et aux codes d’un enseignement millénaire.
J'ai admiré sa détermination à s’imprégner de la pensée chinoise et à acquérir la culture intérieure indispensable à un art authentique ...elle veut apprendre la Chine de l'intérieur, l'âme chinoise éternelle
Maître Huang Yuan accepte de l’initier après un temps très long de mise à l’épreuve pour juger de sa motivation..... des mois d’exercices , avec son pinceau elle trace nuit et jours des milliers de traits verticaux avant de « donner vie » au trait horizontal :..patience, intériorité, respect
Son maître lui enseigne ainsi un art de vivre oublié. Au fil des ans, à force de persévérance Fabienne Verdier va devenir « la passagère du silence » qu’elle voulait être. Un livre passionnant et passionné servi par un style clair et imagé, plein d'anecdotes formidables sur des coutumes singulières telles le dressage des grillons ou la description d'une pharmacopée extraordinaire ; des situations effrayantes, dramatiques mais parfois drôles aussi...comme son expérience dans les " toilettes" d'une campagne reculée avec un porc inopportun ...une invitation au voyage dans un pays fantastique et une culture tellement différente . Un récit heureux aussi puisqu'elle trouvera l'amour en Chine.
Cette autobiographie sera certainement son seul roman car Fabienne Verdier grâce à son expérience chinoise est devenue une immense artiste, je vous invite à contempler ses oeuvres ici.

samedi 21 mars 2009
vendredi 20 mars 2009
Hommes qui ne savent pas être aimés

mardi 17 mars 2009
Eloge de l'énergie vagabonde

Eloge de l'énergie vagabonde
L'être humain recèle un gisement d'énergie inépuisable...
Sylvain Tesson
Présentation de l'éditeur :" J'irai de l'Aral à la Caspienne. Je gagnerai l'Azerbaïdjan à bord d'un ferry. De Bakou, je cheminerai vers la Turquie par la Géorgie. A pied, à vélo, loyalement, sans propulsion motorisée. Au bout de ma route, j'aurai relié trois mers, abattant le même trajet que celui d'une larme d'or noir de la haute Asie convoyée à travers steppes et monts pour que le monde poursuive sa marche . Profitant de cette traversée de terres à haute valeur pétrolifère, je consacrerai mon temps d'avancée solitaire à réfléchir au mystère de l'énergie. Pétrole et force vitale procèdent du même principe : l'être humain recèle un gisement d'énergie que des forages propices peuvent faire jaillir. " Sylvain Tesson
C'est un peu Tintin au pays de l'or noir au plutôt au Pipelinistan...l'auteur "obsédé par les tubes" chevauchera le dos du dragon ...by fair means..en vélo ou à pied dans la chaleur et parfois sous la dent des chiens.. . Des oléoducs comme invitation au voyage, prétexte pour nous livrer ses impressions sur l'énergie, la geo-politique, les relations humaines, le devenir de l'humanité...car solitude et pérégrinations sont propices à l'énergie cérébrale..
Toujours chez lui une attirance pour les steppes...il devait être nomade dans une autre vie; les grands espaces, le silence, l'infini le guident...très beaux passages sur sa traversée brûlante de l'Oustiourt ou des steppes kazakhes..en fait peu importe le paysage c'est le nom qu'il veut traverser..tout récit de voyage devrait s'appeler" la traversée des toponymes"......qui n'a pas rêvé aux noms des lieux avant de s'y rendre tels Samarkand, Tombouctou ou Valparaison.. Tesson met ses pas dans ceux des Scythes et des Sarmates tous ces bouffeurs d'espace ivres de conquêtes et d'infini .. la steppe lieu de liberté sauvage "tapis de mes prières, manteau de mes nuits" pour lui le seul endroit où on peut se passer de lecture..
Aujourd'hui la course énergétique a remplacé la conquête géographique, l'or noir enfièvre davantage que les taches blanches..alors de l'Aral sacrifiée à la Caspienne,il suit le pipe invisible à travers l'asie centrale en observant les bouleversements apportés ....mais certaines choses restent immuables.
Aux passages historiques et dogmatiques sur l'énergie avec moultes références(Aristote, Bergson..) j'ai préféré ses jolis aphorismes sur la fureur de vivre ou l'habitude qui nous englue dans la paresse.
..mais surtout dans ce récit, éclate à chaque détour de chapitre son amour des chevaux, des forêts,de la nature, des terres brûlées , de la solitude aussi..il ne cherche pas les rencontres même s'il en fait parfois d' intéressantes.
Des réflexions très pertinentes sur l'écologie, l'avenir de la terre...c'est en géographe qu'il s'exprime en stigmatisant les écolos. Tesson préconise un changement complet de mentalité ; son idéal, les coureurs de steppe tel Dersou Ouzala..qui ne laisse aucune trace sur la terre J'ai noté aussi une source d'énergie fantastique ..la vodka et le vin géorgien qui lui permettent (à certaines rares occasions :-)) d'abattre 100 kms par jour avec son vélo !!!,
une mention particulière pour la dénonciation sans concession de la condition féminine dans les pays musulmans,véritable asservissement qu' Ella Maillart avait fustigée en son temps..pas tendre avec l'islam..et là, le pipe ne peut rien pour elles..
Sous le signe de l'énergie, ce livre est une belle expérience à partager avec lui...plus qu'un récit de voyage, une réflexion sur notre avenir énergétique et notre philosophie de l'existence.
lundi 16 mars 2009
Festival du Film Asiatique de Deauville

Du Film Afghan :-D
Je n'ai vu qu'un film et c'est celui de Barmak Akram
L'enfant de Kaboul
Trop de monde, mauvaise organisation, il y a seulement deux lieux de projection, des places VIP, des séances en retard et il faut ressortir de la salle pour refaire la queue pour un autre film dans la même salle....j'ai bien essayé de me cacher sous mon siège...mais zut, ils ont l'oeil !!
Le film :
Dans l'immense cohue de Kaboul, un chauffeur de taxi, Khaled, prend en charge une femme et un bébé. Quand la cliente voilée quitte la voiture, surprise : le bébé est là, abandonné sur le siège arrière. Le film raconte trois jours de leur histoire, de ce destin qui a mis entre les mains de Khaled cette petite vie inconnue, dont il veut d'abord se débarrasser et dont il se sentira de plus en plus responsable...D'autant plus que le bébé est un garçon et que Khaled n'a que des filles

j'ai apprécié...beau bébé, c'est vrai que le film tient plus du documentaire que du film d'action mais ça permet de voir où en est l'Afghanistan d'aujourd'hui et de dénoncer encore et encore la situation des femmes dans ce pays où la prépondérance des hommes est écrasante . A travers ce road movie, excellent portrait de Kaboul avec ses plaies, ses angoisses, ses ONG...la vie continue cependant mais les codes ne changent pas..un film plutôt pour ceux qui s'interessent à ce pays mais il y a quand même une histoire racontée avec humour et sensibilité avec une violence à fleur de peau..
Pour l'encourager à en faire un deuxième..allez voir ce premier long métrage du jeune réalisateur Barmak Akram qui était présent avec son équipe lors de la projection..

Une autre moins convaincue...ici
Comme il faisait beau, je me suis alors promenée sur les célèbres planches de Deauville et j'ai pu observer et écouter, tout en dégustant une bonne gauffre à la chantilly, le microcosme parisien aux prises avec ses problèmes : où garer la Porsche pour qu'on la remarque..il y en a tellement ; ce soir sous la robe Armani string Chanel ou culotte Petit Bateau ? Le Vuitton assorti aux Tod's, c'est encore tendance ?? ,,, au ptit déjeuner du Normandy Barrière le survêt est tout à fait tolérable mais, ma chérie, évite les Nike doréessssssssss s'iiiiiiiiiil te plaitttttt !!!
.... rien que de la jalousie....;-) non, même pas.....je les trouve plutôt drôles et dépaysants : une tribu avec coutumes, mythes fondateurs et lieux de culte.
ça me rappelle surtout la chanson indémodable de Boris Vian " j'suis snob"
Découvrez Boris Vian!
vendredi 13 mars 2009
La Rédac du mois

Chaque mois, le même jour, à la même heure, des rédac'blogueurs écrivent un billet sur un sujet commun.
Ce mois-ci, le thème est : Enfance ~~ madeleine de Proust ~~ grands-mères........
Je demanderai pour cette première fois "l'indulgence du jury"....il y a si longtemps que je n'ai pas fait de rédac.:-)))
Essayons d'emprunter la machine à remonter le temps ;
Je m'installe dans mon sous-marin jaune pour plonger dans l'océan des souvenirs et en ramener des bribes dans mes filets. Pour m'aider, des sensations d'aujourd'hui...quelques notes, des odeurs, des goûts sur le bout de la langue..tous mes sens en éveil pour retrouver mes émotions d'enfant.
Attention, on descend..
Des musiques d'abord, oui j'entends de la musique :
..Premier palier.........il y 20 ans, presque .. des chansons d'Elmer Food Beat, les enfants à l'arrière de notre vieille 309, assis sur les duvets ; ils sont encore jeunes ; dehors il pleut fort et le brouillard est partout , on est en Norvège on roule dans une magnifique forêt -il parait- mais on ne voit rien , les filles sont ravies, elles imaginent des trolls et des esprits partout en chantant à tue-tête "le plastique c'est fantastique"..heureusement qu'elles ne comprennent pas toutes les paroles !!
C'est pas bon là...je suis trop vieille...il faut descendre plus profond......
c 'est dimanche matin, papa met un 33t sur le tourne-disque, la musique est très forte, elle emplit toutes les pièces.......c'est du Rossini ; tour à tour Semiramis, la Pie Voleuse et Guillaume Tell envahissent la maison, je suis une petite fille remplie de cette merveilleuse musique de Rossini qui me comble toujours à chaque fois que je l'entends
...une autre musique, ah.. on remonte un peu
La campagne au mois d'août, dans l'Yonne, une jolie longère , j'ai 12 ans et écoute "en boucle" sur mon petit Teppaz Sandy Shaw et surtout Charles Aznavour chanter "Rendez-vous à Brasilia"........à coté de moi ma grand-mère adorée qui essaie en vain d'écouter Jacques Chancel et son invité............je n'arrête pas de hurler reeeeeeendezzzzz vous à BRRRasilia......et de danser la samba : finalement elle éclate de rire et se met à chanter avec moi.........
Bâbord toute....on change d'océan ........celui des senteurs et des goûts sur les lèvres
Le poulet rôti du dimanche
La mer, du sel sur la peau ... mes vacances en méditerranée..la garrigue et les pinèdes où on faisait la sieste, bercé par les cigales...la musique encore.
Le chocolat aussi ou plutôt, les éclairs au chocolat et surtout les religieuses qu'on allait chercher après la messe ..chaussettes blanches et jupe plissée, avec des gants........joli paquet avec une ficelle dorée ; je gardais les jolies ficelles dans une boîte en fer..
Il suffit d'une note, d'un goût sur la langue, d'une fragance pour réveiller en moi cette douce nostalgie de l'insouciance....mille choses me reviennent encore, comme une source bienfaisante ; avec les mots, je reconstruis mon passé et ma vie. Il n'est pas de plus grand trésor au monde qu'une enfance heureuse..........on y puise tout au long de sa vie la force et l'amour que l'on peut à notre tour donner à ceux qu'on aime.
C'est drôle en fait toutes ces métaphores qui évoquent l'eau....ahhhhhhhhh si je sais..je me souviens quand j'étais dans le ventre de ma maman.......mais là c'est une autre histoire que je raconterai peut-être un jour ! A moins que dans une vie antérieure j'aie été poisson en Méditerrannée pêché et dégusté au son de Rossini avec une sauce parfumée au thym un peu trop salée !
Beaucoup de gens planchent sur le sujet...allez visiter leur blog ........1/ckankonvaou;2/Avec nous en Floride...;4/Le blog de Laetitia Beranger;5/Le blog d'Orchidee;6/D'Athènes à Montréal;7/En direct des iles;8/Zürichardie;9/Il était une fois dans le sud...;10/le Denis Blog;11/Le blog de hibiscus;12/tranche de vie;13/Chocobox;14/good.mood;15/mouton.bergerie;16/une parisienne à Athènes;17/Lodi;18/Gazou;19/Sur les traces du chevalier ours;20/Betty looo-les cornus;21/Le chat qui;
L'empreinte du renard

Catherine du blog de La culture se partage a lancé l'idée de ce défi et y a consacré un blog spécial (un sacré travail :-)) où vous pourrez retrouver toutes les lectures de polar.. C'est l'occasion pour moi de découvrir ce genre littéraire tout en voyageant de par le monde comme j'aime.
mercredi 11 mars 2009
Festival du Film Asiatique de Deauville
mardi 10 mars 2009
50 ans d'occupation du Tibet

lundi 9 mars 2009
GLOIRE

roman en neuf histoires
Daniel Kehlmann
j'ai été carrément hypnotisée par les grosses lunettes de la dame et le contenu est à la mesure du contenant..

dimanche 8 mars 2009
Ultima cordillera

Encore un livre sur la Patagonie, le sud, le pays de tous les extrêmes..mais là, ce n'est plus le voyage d'un homme ordinaire .
vendredi 6 mars 2009
les Terres de décembre


Présentation de l'éditeur :
jeudi 5 mars 2009
On les appelait sauvages...

Antoine Tzapoff
mercredi 4 mars 2009
Le Petit Prince

Fallait-il toucher au Petit Prince, pur chef d'oeuvre, véritable monument historique vendu à 80 millions d'exemplaires dans le monde...???
Joann Sfar s'en est emparé et le résultat est plutôt agréable mais c'est devenu.. autre chose. Tout est changé.. le texte , les dessins. Il a seulement gardé la trame.Sfar apporte beaucoup d'éléments que j'ai vraiment aimés : les couleurs extraordinaires et si lumineuses, le personnage du pilote (c'est vraiment Saint Ex avec son nez en trompette et son esprit rêveur), les yeux liquides et hypnotiques du petit prince...mais c'est devenu une histoire, une belle histoire en BD mais ce n'est plus un conte.
Trop d'images (...c'est le propre de la BD) restreignent la place que Saint Ex avait laissé à l'imagination par ses dessins légers et minimalistes .On est "submergé" par les couleurs, les trouvailles, les images,..tout ceci avec bonheur mais on invente moins ses rêves.Pas de blanc dans l'histoire..il rajoute un début, une fin, il "brode". Mais il "brode" ..tellement bien !!!
Belle interprétation donc, qui ne remplacera cependant jamais l'original
Ceci dit, j'ai adoré parce que j'ai un gros faible pour Sfar :-D
mardi 3 mars 2009
CAP HORN

Cap Horn
Rencontre avec les Indiens Yahgan

"Alors que la mission scientifique débute, les opérations menées intriguent les autochtones, les Indiens yahgan. Mus par leur curiosité, ceux-ci surmontent leur timidité et se rendent dans le campement français ou sur la Romanche. Par de menus cadeaux comme des biscuits ou des vêtements, les Français commencent à tisser des liens avec les indigènes. Ils n’ont pas reçu l’ordre d’effectuer des études ethnographiques et anthropologiques ; celles-ci vont pourtant s’imposer à eux ! Initialement réservés aux loisirs, les appareils photographiques

À terre, deux hommes se consacrent à l’observation des Indiens : le lieutenant Payen et le Médecin de marine Paul Daniel Hyades. Dans un studio improvisé, ils organisent de longues séances photographiques, accompagnées de mesures anthropométriques et complétées par des moulages corporels. Doux et conciliants, les Indiens se plient volontiers(...)à la pose photographique.


Trois cent vingt-trois négatifs sur plaques de verre seront ainsi rapportés en France, ainsi que des centaines de pièces anthropologiques. Déjà exceptionnelle, cette collection constituera bientôt un témoignage unique. Le Docteur Hyades a par exemple été appelé à Ushuaia pour soigner des indiens victimes d’une épidémie alors que ce site n’était encore qu’une mission, où notamment le pasteur Thomas Bridges s’employait à civiliser et catéchiser les tribus alentours.
Ses observations précieuses font toujours autorité pour comprendre et connaître non seulement leur environnement naturel mais aussi leur mode vie et coutumes pour des peuples qui étaient déjà alors voués à disparaitre.
Peu après leur départ, une épidémie de tuberculose décime en effet cette population menacée. Aujourd’hui, les propos du Docteur Hyades prennent l’accent d’une terrible prophétie : « Les Fuégiens sont parmi les peuples dont la disparition totale de la surface de la terre n’est qu’une question de quelques années ; ils ne sont plus que trois cents ou quatre cents à l’heure qu’il est."
dimanche 1 mars 2009
L'Africain

« J'ai longtemps rêvé que ma mère était noire. Je m'étais inventé une histoire, un passé, pour fuir la réalité à mon retour d'Afrique, dans ce pays, dans cette ville où je ne connaissais personne, où j'étais devenu un étranger. Puis j'ai découvert, lorsque mon père, à l'âge de la retraite est revenu vivre avec nous en France, que c'était lui l'Africain. Cela a été difficile à admettre. Il m'a fallu retourner en arrière, recommencer, essayer de comprendre. En souvenir de cela, j'ai écrit ce petit livre. »
On est tout de suite envoûté par le livre. D'abord, il y a la langue limpide et claire, des mots choisis, ciselés, chacun plein de sens et de mystère ; pas de grandiloquence, de mots crus ou de phrases compliquées ; un fleuve de mots qui se succèdent , qui roulent et palpitent au rythme de l'Afrique. Des mots évocateurs, qui suggèrent les corps, les forêts, la violence du ciel, l'indolence des plaines écrasées de chaleur.Et puis il y a le récit, poignant, la blessure jamais cicatrisée d'une enfance perdue et de cette Afrique brûlante et sauvage (loin du colonialisme) qu'il n'oubliera pas.
l'Afrique ce ne sont pas des visages mais des corps, c'est, au milieu des scorpions et des serpents, la liberté totale et dangereuse pour un petit garçon de 8 ans qui n'a connu que la vie en appartement dans un Occident policé.
C'est aussi la sauvagerie de la nature, orages, fourmis, forêts profondes, nuits pleines de bruits et de craquements....moiteur....tout un monde primitif, pas celui des colons mais celui des griots et des sorciers , des montagnes du Mbam et des pays Mbembé, Kaka, Shanti. "tout cela non comme un paradis mais un trésor d'humanité, quelque chose de puissant et généreux, tel un sang pulsé dans de jeunes artères."
c'est aussi le récit d'un paradis perdu, celui de l'enfance , du père si présent et si lointain, si adoré et si haï, si héroïque et si misérable.........une complicité à jamais perdue à cause de la guerre, de l'éloignement ...quand il le retrouve, il a déjà 8 ans , le changement est radical, trop brutal ; à la douceur d'une éducation presque exclusivement féminine, succède la discipline virile et la brutalité d'un père déjà meurtri , c'est l'incompréhension ;Avec le temps, bien plus tard viendra l'admiration et la découverte de la vie extraordinaire qu'ont eu ses parents "dans ces régions aux horizons lointains , au ciel plus vaste, aux étendues à perte de vue"
J'ai beaucoup aimé l'intensité de l'émotion qui se dégage de ce roman malgré une grande retenue, elle rend palpable les lieux et les sentiments , on sent pulser la liberté, la sensualité... L'Afrique est sa vraie mère ; il a été conçu là-bas dans les amours de ses parents parcourant à cheval dans la moiteur des forêts ou les éclaboussures des fleuves, un continent encore vierge à l'ouest du Cameroun..
c'est un roman de mémoire, mémoire du temps, mémoire des instants de bonheur à l'image d'une vieille photo prise par son père avec son Leica à soufflet représentant "Les hauts plateaux où avancent lentement le troupeau de bêtes à cornes de lune à accrocher les nuages, entre Lassim et Ngonzin."C'est l'image que j'en garderai..celle qui permet de ressusciter le paradis perdu de l'enfance et de l'Afrique originelle.
un autre regard sur ce livre : Keisha, Sylire Lapinoursinette